Premier cauchemar passé.

Une nouvelle journée de trek commence.

Sans guide mais le cœur plus léger. Et c’est bien mieux comme cela.

Après le passage difficile du col de Renjo La, c’est le col de Cho La qui m’attend. Étape importante et déterminante pour la suite de cette randonnée au Népal.

Si vous n’avez pas tout suivi de l’histoire entre mon guide et moi, je vous invite à relire mon récit de voyage précédent juste ici.

TREK JOUR 6 — DIMANCHE 29 OCTOBRE 2017 | GOKYO (4760 m) — DRAGNAG (4700 m) :

Traversée du glacier.
2 h de marche.

3 h 50. J’entends mes voisins de chambre se préparer pour l’ascension du Gokyo Ri. Je me rendors aussitôt. Aujourd’hui, j’ai le temps. Je peux m’accorder un semblant de grasse matinée. Sauf que 10 minutes plus tard, un réveil se met à sonner… Et il ne s’arrêtera pas avant 7 h.
Moi qui voulait dormir jusqu’à ne plus en pouvoir, eh bien c’est loupé !

8 h. Je suis donc déjà prête. J’ai enfilé tous mes habits pour être sûre de ne pas avoir froid cette fois. Pas comme hier.
Bon, le problème, c’est que Mohan est parti avec les gants qu’il a emportés pour moi. Je me retrouve avec mes petits gants ultra-fins qui sont plus là pour décorer qu’autre chose.
Dehors, le paysage est recouvert d’un manteau blanc. Il a commencé à neiger hier vers 12 h et ça ne s’est pas arrêté de la nuit.
Le ciel est clair, j’en déduis donc que Laurène est bien partie, tôt ce matin, pour l’ascension du Gokyo Ri. En l’attendant, je me prends un délicieux chocolat chaud et de nouveau un carotte cake, tout en lisant mon livre : une histoire loufoque d’un milliardaire qui tombe amoureux d’une campagnarde. C’était le seul bouquin au style léger que j’avais dans ma liseuse. Au moins, ça a le mérite d’être complètement différent de Tragédie à l’Everest !

Dans la salle à manger, je croise le guide des deux Allemands. Il a assisté hier à mon lancer de bâton en pleine descente et à la scène entre mon guide et moi dans le salon. Nous discutons un peu de cette situation. Il se sent désolé pour ce qu’il m’arrive et me conseille de trouver quelqu’un à suivre aujourd’hui pour la traversée du glacier de Ngozumba. Apparemment, le chemin n’est pas toujours évident à localiser. Il me raconte aussi que Mohan, hier, est venu mendier une chambre au Gokyo Resort en disant aux propriétaires qu’il était son ami. Mais le guide des Allemands a répondu qu’il ne connaissait pas du tout Mohan et qu’il ne fallait pas lui donner une chambre ici. Il m’a également appris que Mohan n’avait jamais fait le trek des trois hauts cols. Je suis choquée.

En fait, je suis vraiment tombée sur un escroc.

Lorsque Laurène revient du Gokio Ri, elle prend sont petit-déjeuner et on s’en va tout de suite après direction Dragnag. Aujourd’hui, on a une petite étape. Dès la sortie du village de Gokyo, je me retourne vers son lac et reste éblouie face au paysage. On dirait une carte postale.
Non, en fait, c’est mille fois mieux qu’une carte postale. Ça me remet immédiatement de bonne humeur et même si j’ai peur de continuer ce trek dans ces conditions, je me sens tellement soulagée de ne plus avoir ce nuage noir que dégageait Mohan autour de moi. C’est un poids en moins dans ma poitrine.

Couleur magique du lac de Gokyo

En chemin, je rencontre de nouveau le guide du couple de Polonais ! La dernière fois que je l’ai vu, il était en train de les chercher. Bien sûr, me voyant sans le mien, il comprend vite ce qu’il s’est passé. Il confirme que Mohan n’avait jamais fait ce trek et qu’il demandait à tout le monde de l’aide pour le chemin et pour les réservations. Il me dit également que Mohan l’a engueulé lorsqu’il m’a mis en tête de faire l’ascension du Sunder Peak. Ils se sont aussi disputés sur le fait qu’il me racontait que des bêtises à propos du nom des sommets qu’on rencontrait. Le guide des Polonais m’a rassuré en me disant que si j’avais un problème, je pouvais venir le voir à tout moment et qu’il trouverait des solutions pour moi.
Je me sens tout de suite un petit peu moins seule à partir de là…

La traversée du glacier est vraiment jolie. En fait, le glacier n’est visible qu’à certains endroits. Tout le reste est recouvert de grosses pierres dû aux nombreuses avalanches de ces dernières années. À ma gauche, on dirait donc un chantier ! Mais à droite, la neige donne un aspect magnifique au paysage. Et même si c’est beaucoup d’enchaînements de montées et de descentes, pendant ces deux heures de marche, je peux vraiment apprécier ce qu’il y a autour de moi. Un réel plaisir.

12 h. Avec Laurène, on arrive à Dragnag. Son guide me dit que je peux partager la chambre avec elle.
Aussitôt installée, on se prend une grande assiette de pommes de terre, emmitouflée dans nos sacs de couchage ! On commence à avoir nos petites habitudes !

Le poêle est allumé, mais ça rend l’air difficilement respirable. On en rigole avec Laurène.

Ou l’on peut respirer mais on meurt de froid. Ou l’on a chaud, mais on meurt intoxiqué par la fumée.

Le soir, je paie pour recharger mon portable et pour une connexion wifi. J’appelle mes parents pour leur expliquer la situation et au bout de quelques mots à peine, je fonds en larme.
J’ai qu’une hâte : retrouver un bout de ma famille en Inde et laisser toute cette histoire derrière moi.

TREK JOUR 7 — LUNDI 30 OCTOBRE | DRAGNAG (4700 m) — CHO LA (5420 m) — DZONGLHA (4830 m).

A un fil de la mort.
7 h de marche.

Réveil 4 h.
Je n’ai pas du tout envie. En plus, je me suis endormie tellement tard hier !

Ah, bah oui…. J’avais du wifi sur mon téléphone !

Je sors mes mains de mon sac de couchage et en tremble… Il fait si froid ! J’ai l’impression qu’il fait de plus en plus froid ! Ou c’est la fatigue qui s’accumule…
7e jour de trek, aujourd’hui. Jour important puisque je vais traverser le 2e col de ce trek : le col de Cho La.

Entre 4 h et 4 h 30, je prépare en silence mon sac à dos, que cette fois, je vais laisser au porteur de Laurène pour soulager mon épaule et ne pas revivre ce que j’ai vécu au Renjo La. Sur moi, je n’aurais donc qu’un petit sac avec mon eau, mon appareil photo, mes lunettes de soleil, ma crème solaire et des Snickers.

En réveillant Laurène juste avant de prendre le petit-déjeuner, la 1re chose qu’elle me dit c’est :
« J’ai pas envie. »

Ça décrit bien notre état. On est toutes les deux épuisée, il fait froid, on n’a aucune motivation pour se remettre en route de nuit, sous cette température, vers cette journée difficile.

Pour le petit-déjeuner, je prends des mueslis, seul choix à peu près potable. J’espère que je vais réussir à digérer le lait…

5 h, c’est le départ.

On n’est toujours pas motivée avec Laurène, mais « quand faut y aller, faut y aller ! » !
C’est la phrase qu’on se répète entre nous pour sonner le début de la marche.
La nuit est étoilée. C’est magnifique.
Je me suis couverte le plus possible. Seuls mes yeux dépassent pour voir un minimum le chemin.
Mais clairement, j’ai super peur d’avoir froid aux mains comme les jours précédents… et ça risque bien avec mes gants tout légers.

Lampe frontale allumée, on entame la montée qui commence dès la sortie du lodge.

Au bout d’une heure de marche, je me rends compte, à ma grande surprise, qu’il ne fait pas aussi froid que je le pensais. Le soleil se lève doucement. La montée est régulière, je suis essoufflée bien sûr, mais c’est moins dur que ce que j’ai pu faire jusqu’ici. Surtout, ça change tout de ne pas avoir de sac sur le dos.

Le chemin recouvert par la neige

Je repense au descriptif d’itinéraire fourni par l’agence de Laurène. Il est indiqué que jusqu’au camp de base de Cho la, les pentes sont herbeuses. Ça me fait rire parce que, moi, à la place, je ne vois que de la neige tout autour.
Quel drôle de climat … C’est censé être la meilleure période pour trekker ici, au Népal. La semaine dernière, des filles sont revenues du trek et ont dit à Laurène d’apporter un short. De mon côté, Mohan m’a fait enlever un pull de mon sac en me disant que dans la journée, il allait faire entre 5 et 10 degrés…
En fait, personne ne s’attendait à ce qu’il neige depuis 2 nuits…
Heureusement qu’il y a des porteurs qui sont passés juste avant nous, car le chemin est invisible. On suit seulement le peu de pas déjà marqués.

Arrivée au camp de base, mes doigts sont déjà bien engourdis par le froid. L’espoir de chaleur est bien loin derrière moi. Sur ce versant de la montagne, le soleil ne chauffe pas, mais alors pas du tout !
Une longue descente dans la neige plus tard, la montée reprend.

J’ai l’impression d’être au ski, sauf qu’il me manque clairement la combinaison !

La neige craque sous mes pas, de la buée sort de ma bouche. Personne ne parle… On avance doucement. Je peux deviner, au loin, les drapeaux du col de Cho La. On n’est pas près d’y arriver.

Le terrain est difficile. Il n’y a pas de chemin. Sous la grosse épaisseur de neige, il n’y a que de la pierre. Ça arrive souvent qu’on glisse, qu’un de nos bâtons se coince dans un trou.
On risque à chaque pas de se blesser.

Depuis qu’on est partie, je ne me sens pas bien. Comme je l’avais prévu, je ne digère pas du tout mes mueslis. Mon estomac travaille à fond la caisse alors que ce n’est absolument pas le moment ! Il puise l’énergie dont j’ai besoin pour avancer !

Ça doit faire 20 minutes que je me pousse mentalement. Mais je sais bien qu’il y a un problème. J’essaie de ne pas penser à la souffrance, de ne pas paniquer, mais lorsque Laurène se retourne vers moi et me demande si ça va, je m’arrête et fais non de la tête.

– Je n’arrive plus à bouger mes doigts.

Je mets les mains devant moi, je me force à bouger chaque doigt, mais c’est impossible.
Je pose la main gauche sur la droite. La seule chose que je sens, c’est mon pouce, dur comme du béton et une grosse douleur à cet endroit.

Je commence à sangloter. Laurène et son guide me frottent les mains, me soufflent dessus pour me procurer un peu de chaleur. Mais ça ne change rien. Je crois que c’est encore pire, car ça ne fait qu’augmenter la vive brûlure du froid.
Tout mon corps se met à trembler, les larmes me montent vraiment aux yeux cette fois, le souffle me manque. Je vais tomber. Toute énergie m’a quittée. Je sens le froid s’attaquer à chaque cellule de mon corps, je le sens ronger mes os jusqu’à la moelle.
Je supplie en français et en anglais pour qu’on appelle un hélicoptère.

Ça y est, c’est fini. Je veux rentrer, arrêter le trek immédiatement.
La seule chose que je vois ce sont les grands yeux bleus de Laurène qui me fixent avec une lueur de panique. Je supplie encore et encore. Personne ne me répond. On continue à me frotter le corps, les mains, à me souffler de l’air chaud sur le visage. Laurène essaie de me rassurer, mais la seule chose que je demande, c’est ce foutu hélicoptère. Je sens que tout mon corps est en train de me lâcher.
Je claque des dents à m’en casser la mâchoire. Mon état empire à chaque seconde qui passe. On finit par m’enrouler dans mon sac de couchage, mais ça n’améliore pas vraiment les choses. Le seul truc qui change, c’est que je peux à présent bouger légèrement le bout de quelques doigts.
J’entends des voix autour de moi. Mais c’est flou. Mon esprit commence à divaguer.
Je regarde le sommet et je recommence à pleurer.

Je ne pourrais jamais y arriver. Je n’atteindrais jamais le sommet.

Juste à ce moment-là, Laurène se poste devant moi. Sa voix résonne bizarrement dans ma tête :

– Anya, il n’y a pas de réseau. Le guide ne sait pas quoi faire. Aucun hélicoptère ne peut venir dans cet endroit.

Et là, je me vois vraiment crever ici. J’ai envie de plus rien. J’ai juste abandonné. Je peux plus continuer. Je suis vidée. J’accepte presque que je vais mourir ici, assise dans mon sac de couchage, dans la neige, au milieu de nulle part.

– Anya. Ou on redescend à Dragnag ou on continue de monter.

Je ne réponds rien… Je ne veux plus. Je continue à répéter que je n’y arriverais jamais.
Puis deux Anglais et leur guide passent par là. Me voyant dans cet état, ils me couvrent immédiatement d’une énorme doudoune et me passent de gros gants sur les mains. Petit à petit, je sens une légère chaleur m’envahir.

Je retrouve un peu de conscience.

– Non. Je vais monter. Je vais continuer à monter…, je dis alors, faiblement.

Je me relève doucement, en tremblant. On m’aide à me remettre sur pied. Le guide de Laurène prend mon petit sac à dos. Un des Anglais passe devant moi et c’est reparti. Je me sens d’un coup rassurée d’être un peu plus entourée.
On forme une longue file indienne.
Un des Anglais au début, Laurène, puis moi, son guide, son porteur, le 2e anglais et leur guide.

On prend le rythme de l’Anglais, bien lent, et c’est parfait.
Je ne regarde que mes pieds. Je reste focus dessus pour essayer de ne penser ni au froid, ni à la douleur, ni à ce qui vient de m’arriver.

La montée est vraiment très technique. Il y a toujours ces roches dissimulées par le manteau de neige. C’est raide. Parfois, ça ressemble vraiment à de l’escalade. Je mets souvent mes bâtons dans une main pour pouvoir m’accrocher aux roches de l’autre. Je pose mes genoux pour m’aider à grimper sur les pentes glissantes et il arrive même que le guide des Anglais passe avec difficulté au-dessus de nous et nous aide à nous hisser en nous tirant par les bras.
En fait, on s’entraide tous pour avancer.

Sentir cette solidarité entre nous me donne du baume au cœur.

Le sommet s’approche, petit à petit… Puis enfin, les drapeaux colorés à prières apparaissent en même temps que les rayons de soleil cachés depuis tout ce temps de l’autre côté de la montagne. Le col de Cho La est là, juste face à moi.
L’émotion me gagne. Laurène se tourne vers moi, écarte les bras et se met à sangloter. Ça m’achève.

– Ne pleure pas, sinon je vais aussi pleurer, je lui dis.

Alors on est là, toutes les deux, à se serrer dans les bras. Les larmes coulent sur nos joues et on rigole en même temps. On est tellement soulagée d’être enfin arrivée.

Soulagée d’être enfin au col de Cho La.

Le décor face au col est magique. Glaciers, sommets… Tout est blanc. Je vois, au loin, quelques marcheurs avancer doucement. Ils sont de petits points noirs sur une nappe blanche.
Séance photo avec Laurène, les guides et les Anglais. On se remercie, on se félicite.
Après ce qu’il s’est passé, en bas, derrière un rocher, je ne pensais pas que quelques heures plus tard, je pouvais être sur ce col, vivante, souriante. Mais je suis un peu choquée, mon esprit est à moitié présent.

Il est temps de repartir. Cette fois, c’est de la descente.
La 1re pente est très raide. On descend presque sur les fesses. Il y a aussi de grands groupes de trekkeurs qui avancent en direction du col de Cho La. Ça crée des bouchons et comme le chemin est étroit, c’est assez dangereux de se croiser.

Au bout d’une dizaine de minutes, je redonne les gants et la doudoune aux Anglais en les remerciant encore une fois. À présent, il fait chaud. Quand le soleil est avec nous, ça change tout. Ils me tapent alors sur l’épaule.

– Quand on t’a vu, tu étais toute bleue. Je crois que si on n’était pas arrivé, tu ne serais peut-être plus là.

Leur guide ajoute alors :

– Aujourd’hui, sonne une nouvelle vie pour toi.

Je suis un peu bouleversée et je ne sais pas quoi leur répondre.

Mon petit groupe de sauveurs

Jusqu’à Dzonghla, c’est quasiment que de la descente. C’est juste avant le village que ça redevient plat. C’est tellement agréable ! On en profite vraiment avec Laurène. Les immenses sommets m’émerveillent. Il y a même un mur de glace aussi impressionnant que celui dans Game of Thrones.

Comme d’habitude, on passe l’après-midi dans nos sacs de couchage. Je ne parle pas trop, cette fois. On est tellement épuisée par cette journée qu’on s’octroie également une petite sieste. C’est intenable, même si ce n’est pas bon pour l’acclimatation et que ça nous provoque un mal de tête par la suite.
Tard dans l’après-midi, un grand groupe d’Indiens arrive. Ils sont partis de Dragnag juste après nous, mais ont mis de nombreuses heures en plus pour atteindre Dzonglha.
Avec Laurène on se regarde, étonnée d’avoir mis finalement si peu de temps aujourd’hui malgré l’épisode catastrophique de ce matin.

Le groupe d’Indiens nous prête l’oxymètre qu’ils transportent avec eux. Grâce à cela, je découvre que ma saturation en oxygène est de 80 %. (Sachez qu’un individu normal à une saturation normale de 100 % et qu’à l’hôpital, on s’alerte pour un patient à 80 % de SPAO2 et on le met sous plusieurs litres d’O2.) Je suis entre 115 et 105 battements de cœur par minute au repos (alors que la normale est de 75 battements par minute).

Voir ces constantes est impressionnant.

Mes constances sur le trek des trois hauts cols au Népal

En me couchant, je reste un instant les yeux ouverts, fixés au plafond. Je ne me suis jamais sentie aussi vidée et épuisée.

Aujourd’hui, j’ai vraiment cru que j’allais mourir. Et je pense que je suis en état de choc. Je ne réalise pas. J’ai l’impression d’être un peu hors de mon corps. En tout cas, j’ai la sensation qu’une partie de moi n’est plus là.

Le Népal et ce trek, en particulier, me mettent à rude épreuve. Pour la 1ere fois de mon voyage, j’ai envie de rentrer en France et de tout arrêter.

Mais je crois surtout, qu’une page est en train de se tourner et que toute cette expérience me donne une grande leçon.
C’est dur, mais il en ressortira quelque chose d’incroyablement positif. Je le sais.

Un bon plat bien mérité

Ce 7ème jour sur le trek des 3 hauts cols au Népal fut un moment marquant et difficile. Pour autant, il ne sonne pas complètement la fin de ma randonnée. Prête à me pousser encore un peu plus, retrouvez-moi juste ici pour la suite de l’aventure ! 

LA VIDÉO